Parlons argile 2 : « Particule »

Les argiles ont une structure en feuillet constituée de particules extrêmement fines (env. 2µm) et compactes, ce qui leur permet de retenir l’eau et donc de donner à cette matière sa propriété essentielle au potier : la plasticité.

taille d'une particule d'argile

Voilà qui me donne l’occasion de glisser en passant un lien vers l’excellente « Scale of the Universe » (d’où est tirée l’image ci-dessus), une infographie représentant une échelle interactive des objets de l’univers, du plus grand au plus petit élément mesurable.

 

Qui dit particules fines dit également danger pour la santé. La silice, principal constituant des argiles et des émaux, est un toxique pour les voies respiratoires. Les particules fines (diamètre de 0,1 à 5µm) ou ultrafines (< 100 nm) de silice peuvent atteindre les bronchioles et les alvéoles pulmonaires, où elles s’accrochent en causant des dégâts sévères et irréversibles à l’origine de pathologies graves (silicose, cancer, sclérodermie, etc.).

Le danger que représente la silice est connu depuis longtemps dans le cadre des exploitations minières, mais d’autres secteurs sont concernés. Le portail d’information des publics Cancer Environnement du Centre Léon Bérard mentionne notamment l’exploitation des carrières (sable), le traitement des minéraux, le travail de l’ardoise, le travail de la pierre, la fonderie, la fabrication des briques et des carreaux, la construction, les industries de la poterie, de la céramique, la fabrication de prothèses dentaires et la fabrication de cristaux de quartz (optique et électronique) et le secteur d’activités des peintres sur carrosserie.

Dans la représentation qu’on se fait de la poterie, on ne pense pas au premier abord à se méfier de la matière utilisée. Et si on a instinctivement le réflexe de s’éloigner d’un nuage de poussière qu’on aurait provoqué (ce qui est plutôt une bonne chose), ce geste véhicule pourtant une fausse idée liée aux poussières d’argile. En effet, les particules les plus nocives sont totalement invisibles à l’oeil nu et resteront en suspension dans l’air bien plus longtemps que ce nuage de poussière visible. Toutes les précautions doivent donc être prises pour limiter la manipulation des matières sèches au strict minimum et travailler dans un environnement où la sécurité est respectée.

Parlons argile 1 : « Terre »

Le terme « terre » est utilisé par les potiers pour désigner l’argile ou le plus souvent une pâte céramique, soit un mélange élaboré à partir de plusieurs argiles naturelles ou recomposé à partir de matières premières dans le but d’obtenir et de pouvoir reproduire des propriétés physico-chimiques particulières.

argile sur le tour

L’argile provient de la décomposition des roches granitiques : les roches magmatiques érodées par des forces mécaniques et chimiques pendant des millions d’années perdent leurs matières solubles et laissent de fines particules qui se déposent sur place ou sont emportées par les vents ou les eaux avant de se déposer en couches sédimentaires. Ce sont les particules d’argiles.

Les argiles sont composées de silice, d’alumine et d’eau, liées chimiquement, auxquelles s’ajoutent divers minéraux et éléments organiques en fonction des chemins qu’elles suivent lors de leur formation.
La silice et l’alumine étant les principaux composants de la croûte terrestre, il existe quantité d’argiles différentes un peu partout sur Terre.

Les anciens hauts-lieux de la poterie se situaient à proximité de veines d’argile exploitables. Même s’il reste possible de trouver des argiles dans la nature et de les utiliser après une préparation convenable si leur plasticité est suffisante, aujourd’hui les potiers utilisent majoritairement des pâtes du commerce. Ces pâtes sont constituées de mélanges d’argiles sélectionnées pour leurs différentes caractéristiques (dégraissant, réfractaire, fondant, etc.).